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LA PÉPINIÈRE

La Pépithèque #32 – V:Code

On reçoit aujourd’hui le producteur techno (mais pas que) lillois V:Code pour La Pépithèque, un artiste qui explore de nombreux aspects de la musique électronique. Entre rythmes bruts et mélodies hypnotiques, V:Code nous invite dans son univers musical profond, au travers d’un set live rempli d’édit et de surprises encore unreleased… 

 

La Pépinière : Peux-tu nous dire qui tu es ?

V:Code : Salut, je m’appelle Vivien, je suis un vieux trentenaire lillois qui fait du son.

 

Quelle est ton histoire musicale ?

J’ai toujours eu un intérêt pour la musique électronique depuis tout petit, et comme ado avec les jeux vidéos de type WipeOut et Rollcage et leurs bandes-sons à base de The Prodigy, Chemical Brothers et Fatboy Slim. J’ai vécu quelques mois en Angleterre où j’ai pu faire quelques raves, puis de retour sur Lille j’ai vadrouillé dans les festivals et concerts techno et electro (c’était la vague des Justice, SebastiAn, Digitalism…etc) , avec des potes ou tout seul comme un grand !

Je me suis mis ensuite à produire un peu de Dubstep sous le pseudo Vyvyan, avec quelques remix contests gagnés qui m’ont permis de sortir quelques premiers titres et un premier EP. 

 

« La vie a fait que je suis passé à d’autres choses, et depuis 2 ans j’ai repris la musique à fond sous le pseudo V:Code en essayant de proposer un son sur le fil entre techno hypnotique, mélodique et plus punchy. » 

 

J’ai aussi fait la masterclass de Victor Ruiz pour apprendre quelques trucs supplémentaires.

Au final, je sors assez peu, mais je passe mon temps à écouter de la musique : J’écoute du Patrice Baümel, du Victor Ruiz, Vitalic, Konstantin Sibold, Maceo Plex, Damon Jee pour les artistes les plus connus, mais aussi beaucoup de techno hypnotique (Luigi Tozzi, Svarog, NFEREE, …) du son Zenon (Triforce, Sumiruna, Sensient), de la psytrance, de la progressive à la Sasha/ John 00 Digweed, du son plus warehouse…

 

Pour ceux qui ne te connaissent pas, quel morceau de ta bibliothèque conseilles-tu ?

J’aime beaucoup faire des remixes et des edits, et je pense que c’est là que se trouvent mes sons les plus caractéristiques : les remix de « How do you feel ? » de Max Foley, le « Nina » de THEOS et mes Edit de Contrefaçon et (surtout) de Serena Butler sont assez caractéristiques du son que je cherche à proposer.

 

Tu as signé sur de nombreux labels (Magnetik Music, Ghost of the Shelf, VapourTrail Records, Botanica Records, etc), tu peux nous parler de ton processus de création ?

Je cherche surtout à m’amuser et prendre du plaisir quand je fais de la prod. Par exemple, le label Ghost of the Shelf propose aux artistes de sortir de leur zone de confort. Donc j’ai proposé « Bonne nuit », qui est bien plus proche d’un son punchy warehouse… Autre exemple, j’ai travaillé avec mon fils de 7 ans sur le track « Father & Son » qui sort en décembre sur Vapourtrail Records. Et l’un de mes derniers edits est de la Drum & Bass plutôt club !

J’adore aussi participer à des remix contests et faire des edits de différents tracks.

 

 

Mais pour commencer par le début, j’ai cherché à beaucoup signer sur différents labels pour « valider » mon son. Une difficulté rencontrée a été de trouver des gens qui sont capables de te dire que tu fais de la bouse. Certains labels ont aussi parfois manqué d’exigence envers moi concernant les mixages par exemple : ils ne prennent pas le temps de revenir vers toi pour te dire de retravailler tel ou tel aspect pour que le son soit meilleur… donc dans ce que j’ai sorti il y a du bon et du moins bon niveau finition/mastering! Je voulais avant tout progresser et trouver le son que je voulais faire.

Depuis, j’ai pu trouver ma routine, muscler mon oreille et ma technique. Le rythme des sorties a ralenti, même si j’en ai eu plusieurs ces dernières semaines et que j’en ai encore plusieurs prévues dans les prochains mois… et comme j’ai continué à produire, j’ai un gros batch de tracks unsigned !

 

 

Je travaille sur FL Studio depuis le début, en full software. C’est un bon logiciel, surtout quand on est un bidouilleur. Je peux passer beaucoup de temps à gratter pour obtenir le son que je souhaite… ou tout simplement à parcourir les samples, les synthés et bouger des potards un peu au hasard pour voir ce que ça donne. Je bosse sur la musique 8 à 12 h par semaine, et je mets 2 à 3 semaines pour créer un track.

 

Je pars d’une page vierge quasiment à chaque fois, mais avec souvent une idée en tête, comme l’utilisation d’un sample que j’ai extrait quelque part, la recréation d’un son particulier ou d’une ambiance entendue dans un mix, une mélodie, ou juste l’envie de faire un track d’un certain type…

 

Ensuite, je déroule en créant une boucle, en ajoutant tous les éléments que je souhaite, en ajustant les mélodies pour que tout sonne bien. Là, je peux rester des heures avec ma boucle de 50 secondes en sélectionnant et ajustant les sons au pouillème. C’est l’étape de création la plus intéressante.

 

« Je passe mon temps à ajouter, remplacer, étirer, distordre, filtrer dans un sens, dans l’autre, ajouter des tas de reverbs et de delays, des automations, aller chercher des textures, du grain et généralement quand je me dis « oula, j’en ai mis trop ! » c’est que je peux sortir de la boucle pour étirer le track, le structurer et avoir mon morceau complet ! »

 

L’équilibre entre l’intensité et la nuance est une notion très importante dans mes productions. On est aujourd’hui dans une époque dans laquelle on a oublié la modération, seule l’intensité compte. Pour ma part, j’essaie de tracer ma voie, dans la vie comme dans le son, en suivant cet équilibre entre intensité et nuance.

 

Le set que tu nous offres est fait en live, c’est un aspect que tu essaies de développer c’est bien ça ?

Je sais (un peu) mixer, j’avais une table vinyl timecodé quand je faisais du Dubstep. Mais quand j’ai repris il y a 2 ans, j’ai eu la flemme d’avoir à racheter du matos pour le mix alors que je voulais me concentrer sur la production. Et je me suis aussi rendu compte que je n’avais pas l’explosivité nécessaire pour faire du mix intéressant.

 

Et FL Studio propose un mode « Performance », alors j’ai naturellement essayé de le bidouiller pour arriver à un set-up qui me correspondait. Des amis m’ont prêté les contrôleurs, j’en ai récupéré d’occasion, et en passant pas mal de temps à travailler j’ai réussi à mettre au point un set up qui me permet d’avoir 9 pistes indépendantes, des effets sur chacune et la possibilité d’ajouter des vocales…

Et comme j’ai déjà une bonne soixantaine de tracks entre ceux qui sont sortis, ceux qui vont sortir et ceux qui sont en réserve, j’ai du matériel pour travailler !

 

J’ai encore pas mal de travail, mais j’espère déjà pouvoir apporter un peu de plaisir auditif ! Je veux pouvoir plonger les gens dans un univers un peu différent, les faire voyager dans différentes ambiances, d’une bulle à l’autre, durant cet instant que nous passons ensemble.

 

Tu travailles sur d’autres projets en ce moment ?

Je continue à bosser sur de nouveaux tracks (j’en ai 3 dans les tuyaux + des remixes) et sur mon live. J’espère pouvoir le proposer à plus de soirées et festivals l’année prochaine !

 J’ai deux sorties en décembre : Un track sur Various Artists du gros label Natura Viva, et un EP de 3 titres + 3 remixes sur le label Vapourtrail Records, un excellent label techno espagnol sur lequel je sors régulièrement des titres.

 Ensuite j’ai un EP prévu sur Enlace Records, le label lillois, avec deux beaux titres dont une collaboration avec un chanteuse polonaise qui s’appelle Kasai.

Et j’ai un autre beau projet à sortir sur le label Pins & Needles, qui est un remix d’un excellent titre avec lyrics en français… je l’ai joué lors de mon tout premier live il y a quelques mois, et il a bien plût !

 

Découvre l'univers

La Pépinière est une structure hybride qui veut mettre en valeur tous les acteurs de la scène techno et house française : artistes, collectifs, labels, événements locaux et public.