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LA PÉPINIÈRE

Noémie : “Aujourd’hui avec Ableton, tout le monde peut devenir un.e chef.fe d’orchestre digital.”

 

A l’occasion de la sortie de son dernier EP, nous sommes allés à la rencontre de Noémie. Cette amoureuse de vinyles et de sonorités rave nous raconte ses origines, ses futurs projets, comment elle a composé cet EP.

 

Noémie est une DJ / productrice française installée à Berlin qui a sorti son premier EP le 1er octobre sur le label parisien Coalition. “Digital Orchestra” est une réflexion sur les liens entre art et technologie qui deviennent de plus en plus prépondérants.

 

La Pépinière : Salut Noémie ! Merci pour cette interview ! Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Bonjour, je suis Noémie, DJ et productrice, basée à Berlin.

 

Comment tu décrirais ton style à quelqu’un qui te découvre ?

Mon style c’est des inspirations old school techno mélangées à la nouvelle vague de hard techno qui a émergé depuis quelques années. En d’autres termes, un BPM assez rapide avec des vocals et de l’acid à foison. Généralement l’ambiance de mes sons est assez groovy.

 

Quelles sont tes influences habituellement ?

Au niveau de mes influences old school, je collectionne les vinyles des labels comme Bonzai Records, Nooms Records, Monotone, j’aime beaucoup tout ce qui est hard trance, german trance, goa et la techno jusqu’au début des années 2000. Pour la période récente je suis très fan des labels Possession, Kaos, Molekül, Trip, Monnom Black… Pas facile de citer tout le monde, mais on va dire que Possession a été ma révélation il y a quelques années !

 

Tu es actuellement installée à Berlin, quelles sont les raisons qui ont motivé ce choix ?

J’ai déménagé à Berlin il y 4 ans, à la base ce n’était pas pour la musique (c’était par rejoindre mon partenaire). Mais il s’avère que c’est aussi une très bonne ville pour la musique donc j’en profite aussi. Même si la scène est saturée car ici tout le monde est DJ, il y a quand même beaucoup d’opportunités. Depuis 2 ans je fais partie du collectif female:pressure qui est à l’origine une data base pour répertorier les artistes FLINTA a la scène électro à travers le monde. Tous les 2 ans on publie une étude sur la répartition des artistes FLINTA dans les festivals de musique électronique à l’échelle mondiale, je fais le PR et la communication pour cette étude qui nous tient à coeur.

 

Tu peux nous parler de ton premier EP “Digital Orchestra” sorti sur Coalition ?

Déjà j’aimerai dire un grand merci à Hoymans, le boss de Coalition, pour sa confiance et cette belle opportunité. J’ai composé mon EP Digital Orchestra en rentrant du festival The Meaning of Rave qui avait lieu début juin en Pologne. C’était le premier festival après tout ce temps passé sans pouvoir vraiment faire la fête. Quand je suis rentrée j’étais très inspirée après avoir passé 3 jours à danser sur de la grosse hard techno, j’avais déjà les titres des 2 tracks en tête (j’ai eu l’inspiration sur le dancefloor). Pour la composition j’utilise souvent mes synthés, pour ces 2 morceaux j’ai utilisé le Vermona Lancet et le Mikrofreak d’Arturia.

 

Qu’as-tu voulu transmettre dans ces deux morceaux ?

Depuis l’apparition du crypto art je réfléchis beaucoup à la transformation de l’art dans l’univers digital. La musique électronique est déjà une forme de digitalisation de la création artistique et les NFT représentent l’ultime paroxysme de l’art digital.

Ce que j’ai voulu montrer dans ce premier EP c’est que d’un côté la technologie a permis de développer l’art, et a contribué à son évolution (il n’y aurait pas de techno sans ordinateur). Avec Ableton on peut devenir un.e chef.fe d’orchestre digital. Mais de l’autre côté, on va peut être trop loin avec les NFT, où les collectionneurs d’art vont dépenser 69 millions de dollars pour un “jpeg and a hyper link”. Food for thought comme on dit. Je vous laisse écouter l’EP pour en découvrir plus.

 

Quels sont tes futurs projets ?

En ce moment je bosse sur la musique d’une pub pour une marque de cosmétique écolo basée à Berlin. Sinon je bosse sur un deuxième EP, j’ai aussi une autre release prévue sur le label suisse Infamous LLC qui va sortir bientôt. Sur Berlin j’aimerais réactiver la communauté female:pressure après presque 2 ans sans évènements, on a déjà eu 2 events cet été et on voudrait en faire d’autres d’ici la fin de l’année.

 

Une pépite que t’écoutes en boucle en ce moment ?

Esther Dijun – Deity qui est sorti sur Gegen en 2020, je la passe en boucle en ce moment ! Le break et l’acid avec ce punchy kick c’est juste magique.

 

Propos recueillis par Guilhem Hoymans.

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