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LA PÉPINIÈRE

Kaltblume : Rencontre avec le hooligan de la techno parisienne…

La sortie de son EP Hardfloor Brutus, ainsi que sa participation à la compilation caritative du label berlinois SINDEX, nous intriguait. Nous voulions en savoir d’avantage sur cet artiste qui semble tout droit prendre la relève de la scène techno parisienne. Une ambiance de warehouse à base de kicks violents et toujours plus de mélodies imprégnées d’une vibe Oldschool, Kaltblume nous donne son secret pour créer des tracks toujours aussi puissants !

 

Salut Lucas, tout d’abord, est-ce que tu pourrais te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Salut ! Je m’appelle Lucas, j’ai 23 ans, j’habite à Boulogne-Billancourt (92i territoire de talents) et je suis DJ et producteur sous le nom de Kaltblume, projet que j’ai lancé il y a maintenant presque deux ans. Je fais aussi du marketing digital, j’adore faire la teuf (ça me manque terriblement d’ailleurs), faire n’importe quoi avec mes potes et surtout passer des heures à digger des sons inconnus.

 

« Je pense que ma musique exprime une certaine rage. Une rage de vaincre, une rage sur la situation actuelle. »

 

Sur ta bio insta tu te décris comme un « techno hooligan », c’est une manière de poser des mots sur ton style de musique ? Si tu devais décrire ta musique avec des émotions ce serait lesquelles ?

De base c’était plus un délire haha. Il y avait bien sûr un lien avec ma musique, particulièrement dans mes sets ou j’essaie toujours d’avoir une selecta avec des influences punk ou rebelles et aussi des moments musicalement très violents. Mais à la base c’était parce que je voyais plein d’artistes mettre des descriptions similaires dans leur bio (techno punk, techno nerd, etc…). Ça me faisait marrer donc je me suis dit que j’allais le faire et comme je supporte corps et âme le PSG, et que je trouvais que ça collait bien avec ma musique, je suis parti sur Techno Hooligan. Mais maintenant quand je reviens sur ce choix je trouve que ça colle plutôt bien avec ma vision actuelle des choses. Disons que je suis un hooligan qui aime la scène et le mouvement techno comme il aime son club et que je m’identifie bien dans l’aspect rébellion dans lequel la techno puise ses origines. Je pense que ma musique exprime une certaine rage. Une rage de vaincre, une rage sur la situation actuelle. Je suis un mec très chill, je fais souvent le mariole et au quotidien je suis très positif, mais j’ai toujours eu une certaine rage en moi, comme un surplus d’énergie, que j’arrive à exprimer et déverser au travers de ma musique.

 

Comment s’est passé la production de ton dernier EP sortie sur le label Markëd ? Heureux d’avoir pu collaborer avec eux ?

La production de cet EP date d’il y a plusieurs mois maintenant parce que je l’avais déjà signé en mars 2020. Je l’ai commencé fin 2019, je m’étais isolé à la campagne avec pour objectif de finir une dizaine de tracks, c’est là qu’a émergé l’idée de cet EP. J’ai démarré avec la track Hardfloor Brutus, je l’ai fini en un jour j’étais très inspiré ce jour-là. Mais la track la plus marquante pour moi c’est Transhuman Era. La mélodie m’était venue en sortant du taff je l’avais enregistrée à la voix pour pas l’oublier et une fois chez moi j’ai démarré sa production et je l’ai finie sur une semaine à peu près. Quand j’ai travaillé dessus j’ai vraiment eu l’impression d’améliorer nettement mon level et d’atteindre un rendu final que je cherchais à avoir depuis longtemps, à la fois indus et trance. C’était vraiment un bon sentiment et c’est ce qui m’a encouragé à envoyer les 3 tracks à Märked.

 

 

Je suis très heureux d’avoir pu collaborer avec ce label d’ailleurs qui est bien ancré dans le paysage techno européen qui a toujours sorti des EP qui m’ont inspiré ! J’étais encore plus heureux de tomber d’accord sur les deux remixers Oposition et CYNKT qui sont pour moi des producteurs de talent.

 

« En général je passe énormément de temps sur le rythme global de la track, ça m’arrive de passer plus de 2-3h sur un seul loop (rires). »

 

Il y a une recette magique pour créer des tracks à la sauce Kaltblume ?

Je pense qu’on le réalise quand on écoute mes dernières sorties, je ne fais jamais dans la demi-mesure. Pour moi une track réussie est une track qui a au moins un élément massif ou intense et qui marque les esprits une fois dans un set. Pour commencer j’aime toujours mettre une rythmique prenante, en général je passe énormément de temps sur le rythme global de la track, ça m’arrive de passer plus de 2-3h sur un seul loop (rires). Pour ce côté-là de mes tracks j’essaie toujours de m’inspirer de la hard techno fin 90’s début 2000, je trouve que le groove dans ces sons est dingue. Une fois qu’on a ça il faut que ça déroule, donc soit un rumble très soutenu soit une bassline bien fat d’inspiration EBM en général. Et pour finir, la cerise sur le gâteau, soit une séquence mentale assez saturée soit une mélodie massive, quasi-cinématique pour prendre aux tripes. Donc résultat final, on obtient un son à la fois groovy et sombre, une sorte de sucré salé quoi mais faut toujours que ce soit très goûtu !

 

Dans toutes tes influences musicales, aurais-tu un artiste avec qui tu souhaiterais particulièrement collaborer ?

Elle est très dure cette question ! Il y en a énormément, oldschool, actuels… Mais je vais dire Liam Howlett, le producteur du groupe The Prodigy pour plusieurs raisons. D’abord, symboliquement, c’est le premier groupe que j’ai vu live (Rock en Seine 2009 j’avais 12 ans je crois (rires)) et ma première expérience live avec de la musique électronique. Ensuite parce que les instrus de The Prodigy m’ont toujours inspiré, dans les mélodies, les ambiances et surtout les rythmes de breakbeat de malade qui sont présents dans littéralement toutes leurs tracks. Et enfin parce que je pense en apprendre beaucoup techniquement et que le mélange UK rave et grosse techno qui déroule pourrait absolument tout casser.

 

 

 

Très récemment tu as participé à une VA pour le label SINDEX, un projet particulier puisque l’ensemble des recettes sera reversé à 4 causes (The Orangutan Project / Sea Shepherd / Black Lives Matter / Save Berlin’s Club Culture in Quarantine), c’était une démarche importante à tes yeux de soutenir ces initiatives ?

Je dois avouer qu’au départ je n’étais pas au courant de la démarche. Mais le projet m’a d’autant plus intéressé une fois que j’ai appris l’engagement du label au travers de cette sortie. Je trouve ça important de soutenir des causes internes ou externes à la scène. C’est un bénéfice de l’art qui n’est pas assez exploité je trouve surtout qu’avant le COVID, les recettes des artistes proviennent plus des dates plutôt que des ventes. C’est une expérience que j’avais déjà vécu en faisant partie de la dernière VA sur Substantiv qui reversait les recettes à Amnesty International pour la défense des droits LGBTQIA+. Lorsque je fais partie de projets comme ça, j’essaie toujours de bien mettre en avant la partie caritative !

Pour soutenir le projet de Sindex c’est par ici !

Malgré ces temps difficiles pour la scène, as-tu d’autres projets à venir ?

Yes ! J’ai enregistré il y a quelques jours un set et une interview pour un livestream qui sortira en novembre chez ClubbingTV, c’était super cool ! J’ai aussi un podcast qui sort le 5 octobre pour Märked pour faire suite à la sortie de mon EP. Je vais éventuellement avoir des dates en free surement avec un collectif avec lequel j’ai déjà travaillé sur leur dernier open air et aussi avec un tout nouveau collectif, Symptôme, créé par des potes. Et il y a un livestream en préparation avec Shotgun et KR Records, le label du frero Ket Robinson. Je recherche aussi une agence de booking en ce moment. Concernant les sorties, je taff sur un remix de Maharti pour KR Records, une sortie qui va être très solide d’ailleurs. J’ai une track de prévue sur une VA de Khazad Records, le label de Balrog, mais ça sera pour 2021. Et je suis en discussion avec plusieurs labels pour des remix et des singles pour fin d’année, début d’année prochaine. Globalement je prépare du très très sale !

 

Propos recueillis par Victor le Jamtel.

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